27 mai 2005
La salade européenne aux pimientos
C'est en lisant le Elle à table de ce mois-ci que je me suis
souvenue de l'existence au fond de mon placard d'une boîte de pimentios
del piquillos.
Je l'avais achetée lors d'une expédition chez le fameux
G.Detou -dont le jeu de mot tient vraiment la promesse. Pas la peine de
faire un billet sur ce top magasin, vous en trouverez de véritables
panégyriques chez Clotilde, et chez Pascale. Bref, pour
moi, y'a que la rue Montmartre à descendre et j'y suis, inutile de vous
dire que je ne m'en prive pas, en plus les vendeuses sont des amours.
Un jour de promo -et où je n'avais acheté qu'un petit kilo de pistoles de chocolat-, j'avais donc acheté cette boîte, ayant en tête des pimientos farçis de brandade, et divers souvenirs de préparation d'Hélène Darroze. La boîte était tapie au fond d'un placard, placards que j'ai méticuleusement vidés, lavés et rangés il y a quelques jours, prise d'une folie ménagère tout à fait typique chez la femme enceinte, parait-il (et non, je n'ai pas accouché dans la foulée !).
Bref, il faut dire que les pimientos en boîte, c'est ravissant :
on dirait plein de petits bonnets phrygiens, vous ne trouvez pas ???
C'est fou ce que je suis d'inspiration politique en ce moment : entre le temps des cerises et la République, je vais finir par vous faire une Marianne au court-bouillon.... faut que je me surveille quand même !
Surtout que la magnifique salade qui en est sortie était vraiment européenne :
- pimientos basques,
- pommes de terre portugaises (ni de JP ni d'Elvira), à 3 euros le kilo de patatettes toutes jolies toutes nouvelles, je n'ai pas résisté (pis y'avait plus de patates de Noirmoutiers et ras-le-bol de la ratte du Touquet),
- pois chiches d'Espagne (en bocaux de verre, fermes et croquants, mes préférés),
- huile d'olive grecque,
- jus de citron "Sicilia"
- je vous rassure : sel français, piment d'Espelette ben... d'Espelette, fromage frais "produit en France" écrit sur la boîte.
Européen ou pas, notre régal était ce soir... universel :
Les pimientos ne sont pas trop forts en goût, ce sont des poivrons bien fermes et parfumés. Il
paraît que ça allait très très bien avec les sardines en boîte de
l'Homme, j'imagine assez bien aussi quelques anchois... ou quelques
olives... des lanières de jambon cru...
Pour ma part, ce fut un simple oeuf mollet : c'était divin.
Bon, il reste des pois chiches et des piments, on va pouvoir en refaire, chic !
Petite salade européenne
Pour 2 amoureux
12 petites pommes de terre
8 pimientos de piquillo
150 g de pois chiches déjà cuits
1 bel oignon vert frais (cébette)
4 cuillères à soupe de fromage frais (ricotta, brousse, carré frais...)
Pour la vinaigrette:
Piment d'Espelette
Graines de fenouil
Sel, poivre
Jus de citron
Huile d'olive
Brosser les patates. Les faire cuire dans leur peau, à l'eau salée (au gros sel bien sûr).
Egoutter les pimientos, éponger. Egoutter les pois chiches, les rincer.
Couper en lanières ou toute autre forme artistique de votre choix les pimientos.
Hacher l'oignon.
Préparer la vinaigrette : quelques pincées de piment d'Espelette, une cuillère à café de graines de fenouil, sel poivre (mollo sur le poivre à cause du piment), diluer dans un peu de jus de citron. Finir à l'huile d'olive, environ 2 cuillères à soupe, bien remuer.
Dressage : couper les petites pommes de terre en deux, ajouter les pimientos et les pois chiches, puis la sauce. Mélanger pour laisser tièdir et s'imprégner de la vinaigrette. Ajouter des copeaux de fromage frais sur le dessus juste au moment de servir.
21 mai 2005
Ca ne manque pas de sel...
J'ai toujours cru que le sel venait de la mer.
Quelle ne fut
pas ma surprise en découvrant l'existence de mine de sel donc du fait
que le sel ne sortait pas uniquement de la mer !!! Dire qu'en plus, mon
père est géologue...
Déjà, toute maison qui se respecte doit avoir
au moins 2 genres de sel : du sel fin pour la table, du gros sel pour
saler l'eau des pâtes, pour faire du pain... Et une maison encore
plus respectable a en plus de la fleur de sel, pour varier les
plaisirs, faire croquer les tartines, faire crisser les légumes.
D'où une collection impressionnante de fleur de sel en tout genre : Ré, Noirmoutiers, Guérande... J'en ai acheté partout où je passais. Une amie qui est rétoise ne manque pas de régulièrement cultiver mon péché mignon !
En ce moment, j'utilise, outre ma fleur de sel de Noirmoutiers (Fanny, faut que tu ailles à l'Ile de Ré !), du sel rose de l'Himalaya, très fashion avec sa jolie petite cuillère. Mais ce n'est pas de la fleur de sel, c'est du sel fin. Absolument ravissant dans une salière transparente, un petit pot sur la table.
OK, pour le reconnaître en boutique, le plus simple est que je vous montre le pot, j'imagine :
Mais il y a aussi les sels parfumés, et je ne peux que recommander
ceux de Terre Exotique.
Je devrais réfléchir à prendre des actions chez eux, parce que nombre
de leurs produits sont dans ma cuisine, et j'en ai été ravie.
Le premier que j'ai goûté et utilisé est la
fleur de sel à la vanille, offerte par mon grand frère (vous savez ? le gars qui porte les paniers de cerise comme personne...). Une excellente
découverte : parfaite pour les gâteaux et la blanquette.
Pour les
gâteaux, vous savez tous qu'un peu de sel enlève l'acreté de la levure
à la pâte ; et pour les plats salés, un peu de sucre relève souvent
leur saveur. Donc, cookies et cakes sont sublimés avec cette petite
touche vanillée. Quant au veau, jettez un oeil sur la variante de la
blanquette, vous comprendrez tout de suite le pourquoi de l'accord.
Essayez et vous m'en reparlerez.
J'ai aussi de la fleur de sel au citron, absolument délicieuse avec le poisson, mais aussi en touche sur des légumes sautés. Initialement achetée pour le géologue sus-nommé (grand spécialiste du poisson, total respect au niveau des produits de la mer, c'est lui l'expert), j'ai fini par y goûter.
Bilan : j'en ai un pot chez moi, et le géologue a eu un sachet amputé du tiers de son contenu (tu parles d'un cadeau). Mais il l'a utilisé sur des queues de lottes roties, c'était l'extase (et en plus, c'était un vendredi, pourtant du poisson bon comme ça c'est vraiment un péché).
Ces merveilles sont en vente au Lafayette Maison, à l'épicerie du sous-sol, à prix élevé bien sûr, mais justifié car elles sont si concentrées que vous en utiliserez que peu.
Mais vous les trouverez en sachet de 250g chez G.Detou : 6,6 euros pour
le sel au citron, de quoi faire bien des heureux !
Quant au sel "Pink Panther" de l'Himalaya, il se trouve en épiceries fines et magasins bio.
Et qu'on ne me parle pas de régime sans sel... quoique, j'ai oublié de dire que j'utilise aussi du gomasio... Bon, je réserve ça pour un autre message !
17 mai 2005
Il est revenu, le temps des cerises
Ce n'est pas un appel à la Révolution, un hommage à la Commune ou une incitation à voter oui ou non pour le Référendum sur la Constitution Européenne (je dirais juste : allez voter).
C'est juste le constat d'un week-end en Provence : nous avons pu manger les premières cerises cueillies sur l'arbre. Elles étaient d'une brillance incroyable, on aurait dit qu'elles étaient en cire tant elles étincelaient au soleil :
Au passage, les mains sont celles de mon grand frère, très heureux de se voir citer ici je pense :-))
Pas
de recettes, pas d'artifice : laissez-les juste un peu refroidir à
l'ombre, passez sous un jet d'eau fraîche, croquez, crachez.
Il n'est pas interdit de faire des batailles de noyau ni de se les mettre en boucles d'oreille.
Pas de merles moqueurs à l'horizon mais des moustiques à la pelle, si gros qu'ils étaient presque immatriculés, comme on dit de par chez moi.
Allez, regardez la photo, puis fermez les yeux, faites un voeu : vous venez de manger vos premières cerises du printemps.
PS : joyeux anniversaire Fanny, puisque tu es réputée être arrivée en même temps que les premières cerises, cela permet de penser à toi à chaque fois que nous dégustons les toutes premières.
10 mai 2005
Granterroirs, épicerie-restaurant
Vous allez dire qu'en ce moment, je sors beaucoup et je fais moins de recettes... Ce n'est pas tout à fait faux : je profite de mes derniers déjeuners avec mes collègues avant de partir en congés mat', et les recettes que je prépare actuellement servent surtout pour un prochain bouquin... Mais promis, je m'y remets d'ici fin mai !
J'étais souvent passée devant Granterroirs et en moins d'une semaine, j'ai eu l'occasion d'y déjeuner deux fois. Déjà, vous avez une idée du résultat : si j'y suis retournée, c'est que c'était bon !
Le concept est agréable : c'est avant tout une grande épicerie où sont posées de grandes tables en bois que l'on partage avec des inconnus à l'heure du déjeuner. Une table d'hôtes en plein Paris, voilà qui est un peu dépaysant.
La carte est du genre salade/tartine/plat du jour. Mais les salades sont abondantes et assaisonnées de très bonne huile d'olive, les tartines et les terrines ne sortent pas des cakes de Sophie, les plats du jour sont bien tournés. A noter : de nombreux ingrédients que vous dégustez sont en vente dans l'épicerie et sont signalés par un astérisque (moutarde, tomates séchées, tapenade), dans le genre, ça motive pour le choix des produits. Les proprios sont sûrs de la qualité puisque vous pouvez déguster tout ceci en direct de leur cuisine.
Le lieu et l'épicerie sont d'ailleurs charmants :
Pour le premier déjeuner, nous
avons goûté une salade italienne (tomates séchées, roquette, mozza,
jambon cru, huile d'olive et balsamique) et un plat du jour qui était
un croustillant de cabillaud aux légumes.
Je traduis en français : un pavé de
cabillaud avec peau sur lit de julienne carottes-courgettes, enveloppé d'une feuille de
brick , jolie petite île dorée posée sur une mer de sauce tomate
épicée. Propre, rapide, bien troussé.
Le plus sympa était le dessert : un chaud-froid d'oranges très bien réalisé. En strates géologiques, en partant du fond d'un verre : compote tiède d'oranges à la cannelle, volutes de crème fouettée vanillée, couronne de suprêmes d'oranges fraichement pelés, saupoudrage de zestes d'orange confits.
Pour le deuxième déjeuner : mille-feuilles de betteraves au foie gras -les convives étaient ravis.
Vous ne m'en ferez pas manger pour tout
l'or du monde, je n'ai même pas goûté : c'est la première fois sur ce
blog que je parle d'un mets que je n'ai pas testé, c'est pas sérieux
ça...
Je confesse, je déteste les betteraves, que les sucriers et Napoléon III me pardonnent !
Enfin, pour ceux que ça intrigue, à défaut du goût, vous aurez l'image :
L'accord betterave/foie gras semble très à la mode en ce moment, et a priori convaincant (le mot a priori prend alors tout son sens).
Pour ma part, ce fut une terrine de poisson, qui était convaincante, loin de la ragougnase habituelle. Les filets de poisson étaient entiers, bien fermes, en couches brillantes, mélangés à des lanières de légumes croquantes et épaisses (courgettes, aubergines, tomates confites). Rien à voir avec l'habituel pain de poisson blanchâtre et poisseux. Avec sa jolie saladette d'herbes, c'était un vrai déjeuner de soleil.
Sur mes recommandations, mes petits camarades ont choisi le chaud-froid à l'orange qui leur a fait pousser les mêmes petits cris que moi au début de la semaine : c'était paraît-il parfait pour un vendredi.
Pour moi, comme toujours aux prises avec mes envies de fraises, j'ai dégusté un gaspacho de fraises à la menthe, avec une boule de glace vanille. Niente male, comme on dit en Italie : frais, parfumé, digeste, et pas trop sucré. L'idéal pour moi en ce moment.
Service gentil et drôle ; en plus, ça dépote en cuisine, pas plus de 5 mn d'attente. Malgré la convivialité "forcée" de la table
d'hôte, le lieu est chaleureux et finalement intime.
A noter, on
vous propose un verre de vin pour chaque plat, et les choix m'ont parus
tout à fait judicieux et les crus abordables ; ceux qui peuvent boire
du vin me l'ont abondamment confirmé !
L'addition ? Compter de 15 à 18 euros pour un plat, 6 à 8 euros pour le dessert.
La
conclusion ? Parfait pour le déj', les produits sont bons, mais un peu
cher à l'épicerie : un bon spot pour les cadeaux. J'y retournerais...
quand je pourrais boire, car leur sélection de vins a l'air parfaite.
Granterroirs
30 rue de Miromesnil
75008 Paris
Tél. 01 47 42 18 18
De 12h à 15h uniquement pour la table d'hôte
Toute la journée pour l'épicerie.
Métro Miromesnil
Site : http://www.granterroirs.com/
06 mai 2005
Ester et la fève géante
Non, ce n'est pas une variante féministe de "Jacques et le haricot
magique". C'est juste une histoire bête arrivée chez le célèbre Nabil,
mon marchand de légumes de la rue Cadet...
J'ai encore craqué pour
des fèves (parfait avec des petits pois, des lardons ou du jambon
cru...). Mais en les sortant du paquet quelque chose m'a frappé : je
n'avais jamais vu une cosse aussi longue !
Atteinte du célèbre syndrome de Miam,qui consiste à prouver en image ce que l'on expérimente, j'ai empoigné mon double décimètre : plus de 20 cm de fèves !!! Ils ont dû faire des cageots sur mesure pour les transporter d'Espagne ?
Après vérification, c'était vraiment les Rocco des fèves (désolée...) : 27 cm !
Pourtant, elles n'étaient ni transgéniques, ni irradiées
(quoique, je n'ai pas de compteur Geiger pour vérifier...),
elles avaient l'air de fèves normales chez le marchand, je n'avais pas fait attention à l'échelle certainement.
A l'écossage, elles s'avérèrent décevantes, et au goût, encore plus :
très fades, sans le petit goût de noisettes bien caractéristiques, et
farineuses en plus, malgré leur toute petite taille. Il y avait largement plus de cosses que de fèves, je sais qu'on peut aussi cuisiner les cosses, mais j'ai eu la flemme.
Va falloir demander à Jean-Pierre s'il a déjà vu dans son jardin portugais une telle espèce, croisement de fève et de spaghetti.
