30 juin 2005
La tarte aux fruits du retour de la maternité
Chers amis,
Je suis rentrée lundi et je suis toute émue de voir tous vos messages. Ca m'a fait fondre !!!
J'ai quand même vécu une semaine complète sans ouvrir mon ordinateur... quelle chose inimaginable il y a quelques mois.
Virgile et moi trouvons petit à petit nos marques avec son Super Papa, plus connu ici sous le surnom de Bricol'Boy . Comme vous l'avez tous constaté, il a un sens de l'humour formidable, et on espère que ce sera héréditaire.
La cuisine n'est pas à l'ordre du jourpour le moment, mais je vais faire de mon mieux pour vous laisser un petit message de temps à autre. Je crois que vous ne vous étonnerez pas de la moindre activité de ce blog. Et j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur...
Au passage, je vous signale que Bricol'Boy est quand même lui aussi un farceur, puisqu'il fait très bien la cuisine (ses nouilles sont toujours parfaitement al dente) et qu'à mon retour de la maternité m'attendait un dessert merveilleux, une très belle tarte abricots/figues/framboises :
qui était aussi belle que bonne.
Moi, j'avoue humblement ne pas avoir la patience ni le don de géométrie dans l'espace permettant de ranger si régulièrement les lamelles de fruits sur la pâte. Cela doit être trop pour mes faibles capacités de concentration. En tout cas, c'était exquis, et non, il n'y a pas de recette, car c'était "juste" de la pâte brisée, des graines de fenouil (ah, c'était ça ce petit goût), des fruits mûrs, du sucre et je crois... beaucoup, beaucoup, beaucoup d'amour. Ce qui lui donnait ce goût si particulier et totalement innimitable.
Et ça, ça ne se trouve dans aucune recette.
Maintenant, j'hésite sur le prochain sujet : la production de lait maternel (non, je n'en ferai pas de yaourts!!!) ? l'alimentation à 3 heures du matin ? quoi manger quand on manque de sommeil ? cuisiner avec 1 seule main (l'autre étant occupée avec bébé) ?
Je crois que les expériences ne vont pas manquer.
Merci encore de tous vos témoignages d'affection. Virgile, Bricol'Boy et moi vous embrassons très fort et vous remercions encore de toutes vos marques de sympathie qui nous ont fait chaud au coeur.
23 juin 2005
Intermède
Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée du service la la la la...
La cuisinière de ce blog a en effet décidé de ne plus nourrir (pour l'instant) que son petit Virgile qui est né hier à 7h40. Le petit gigoteur et sa maman vont très bien après cette première nuit réparatrice, et Virgile montre déjà un intérêt certain pour les préparations culinaires de sa maman.
Comme Ester m'a laissé les clés du blog en attendant, j'en profite pour vous dire à quel point c'est chouette de vivre avec elle, et pas seulement pour ses petits plats. La fantaisie qu'elle montre dans ces colonnes n'est que le reflet de ce qu'elle est au quotidien. Si notre fils lui ressemble, ce sera un sacré coquin.
Bientôt des photos !
Bon je ne vais pas vous laisser mourir de faim.
Les nouilles du papa qui attend que la maman revienne de la maternité.
Versez un paquet de pâtes dans une poêle.
Et puis non, versez dans une casserole pour pas que cela déborde.
Faire chauffer à grand feu.
Quand cela sent mauvais, rajoutez de l'eau, ça va vite mieux, et j'ai remarqué qu'Ester faisait cuire ses pâtes avec de l'eau.
Prévoir des serpillères pour quand cela débordera.
Quand le contenu de la casserole forme une masse compacte et que le couteau tient tout seul dedans, rajoutez un kg de gruyère.
Astuce plus : Rajoutez du sel aussi, pourquoi pas.
Sortez au restaurant indien d'en bas vous acheter un cota et profitez en pour jeter les pâtes et la casserole qui sont irrécupérables.
11 juin 2005
On se lève tous pour Danette... maison !
Samedi, j'ai fait de la glace, et j'ai donc acheté du lait
entier -c'est bien meilleur ! Gras is good dans ces cas là, me dis-je
en mettant moins de sucre, ou en le remplacant par du fructose. Juste pour me donner bonne conscience.
Me restait donc un bon demi-litre de "lait gras" et je me demandais quoi en faire
-comme vous le savez, je bois du lait écrémé.
Dans
la série "envies de femme enceinte", j'ai doublé ma consommation de
chocolat, voire même triplé ces derniers jours, ce qui m'a assez consternée, parce qu'avec les hautes doses
de magnésium que j'avale, je n'ai même pas cette excuse. Surtout que normalement, je ne suis pas une chocolique invétérée, je préfère en général les desserts aux fruits.
Donc, je suis partie à la recherche d'une recette rapide, chocolatée et bien laitière. Et j'ai trouvé une petite crème au chocolat sur Marmiton, que j'ai un peu aménagée, en ajoutant notamment de la pâte de noisette, pour lui donner une petite pointe de contraste praliné. J'ai également simplifié sa fabrication, en faisant fondre intégralement le chocolat dans le lait, au lieu de procéder en 2 temps.
Et après dégustation, me voilà convaincue : ça ressemble vraiment à de la Danette, vive les pots de verre pour parfaire l'illusion !
Bricol'Boy est persuadé que j'en veux à Danone, après les yaourts, la Danette... Mais non, non, pas du tout, je capitalise juste sur une marque déjà installée (houla, on voit que je fais de la com'...)
Petite crème au chocolat "Danette like"
Pour 4 pots de verre
50 cl de lait entier
100 g de chocolat noir
2 cuillères à soupe rases de Maïzena
1 cuillère à soupe de sucre vanillé
1 jaune d'oeuf (regardez chez Estelle quoi faire avec les blancs restants)
Variation perso : 1 cuillère à soupe de pâte de noisettes
Faire fondre le chocolat dans le lait, à feu doux.
Mélanger ensemble le jaune d'oeuf, la maïzena et une cuillère à soupe de lait.
Ajouter le sucre dans le lait chocolaté.
Ajouter le lait chocolaté peu à peu dans le mélange oeuf-maïzéna, sans cesser de tourner. Ajouter la crème de noisettes.
A
ce stade, il est fréquent que des petits grumeaux apparaissent :
dégainez votre mixer plongeant (la fameuse girafe) pour les faire
disparaître.
Verser votre crème dans la casserole, faire chauffer à
feu doux sans cesser de tourner : compter 2 mn pour que la crème
épaississe.
Oter du feu, laisser refroidir en remuant fréquemment pour éviter la formation d'une peau disgracieuse.
Verser dans des pots de verre style pot de yaourt, servir en chantonnant "On se lève tous lalala..."
08 juin 2005
Cours de cuisine chez Jean
Avant d'ouvrir ce blog, j'étais déjà aller dîner Chez Jean, et je dois dire que cela m'avait beaucoup plu.
La cuisine y était d'une inventivité redoutable et surtout, on voyait que le chez, Benoît Bordier, s'amusait comme un petit fou. Bricol'boy avait notamment mangé un délicieux et humoristique "Monsieur Cochon", à savoir une poitrine de porc aux carottes, aux abricots, au citron et à la sauge. Je m'étais pourléchée les babines d'une terrine de poireaux au foie gras magnifique de fraîcheur de de simplicité. Quant au dessert, y'avait du répondant : des pamplemousses, du pop-corn, du milk-shake, tout un jeu de textures et de saveurs.
J'ai une théorie sur les chefs : s'il s'amuse dans sa cuisine, ça se sent illico dans l'assiette, tout est plus léger, plus enlevé, plus croquant... C'est même devenu un code entre nous : il suffit qu'on se dise en soupirant, "tiens, y'a quelqu'un qui s'ennuie en cuisine là..." pour signifier que le dîner est à côté de la plaque.
Aussi, quand j'ai su qu'ils organisaient des sessions de cours de
cuisine, j'ai sauté sur mon téléphone et réservé une place pour la
session de mai, qui avait pour thème "les tapas".
Il faisait très
beau ce samedi sur Paris, aussi cela avait fait partir en week- pas
mal de monde, pour mon bonheur : on était ... 2 élèves.
A l'heure où l'on peut regarder Cyril Lignac sur M6, j'ai trouvé ça
encore mieux d'être 5 dans une cuisine à regarder les expériences du
chef.
On a beaucoup ri. Et beaucoup appris. Et pis tout goûté !
Les tapas préparées furent :
- Pizza liquide : une variation sur le gaspacho, enfin sur le jus de
tomate pourrait-on dire, qui reconstitue réellement le goût de la pizza
dans une forme ludique.
- Chèvre aux cacahuètes et Pacific :
franchement, la goutte de Pacific avec le chèvre est un trait de génie,
l'accord est délicieux et il est impossible de dire que c'est l'anis qui donne ce relief au chèvre frais !
- Chèvre et sucrine à
l'huile de gambas, riz soufflé : une trempette fort agréable, dans une
huile home made qui fait toute la différence.
- Apéricube : sardine
et kiri au curry, basilic. Des rillettes fastoches servies entre deux
feuilles de phyllo coupées en carré. Très joli, très simple.
- Merguez et pistaches au kiri : là encore une trempette de moelleux-croquant, le kiri adoucit bien le feu de la merguez.
-
Brochettes champignons et groseilles, gingembre-estragon et cacahuètes
: peut être le tapas que j'ai préféré. C'était vraiment bon. Dans ces cas-là, pas la peine d'en dire plus.
-
Tartare de gambas, cresson-cardamome : euh, mon deuxième préféré de la
matinée ! Avec là encore une huile parfumée maison à la cardamome, très
intéressante.
- Aubergine et boudin, câpres et menthe : une sorte de
caviar d'aubergines relevé, avec des morceaux non pas de boudin mais
d'andouille. Je ne suis pas assez fan de câpres et d'aubergines pour
juger, mais je pense que c'est un plat plus masculin que féminin !
- Betterave tonic et fourme d'Ambert : triple joker,
uniquement des produits que je déteste, à savoir... la betterave, le
Schweppes et un fromage bleu. Néanmoins, après avoir prévenu que
j'allais faire moultes grimaces, j'ai tenu à goûter le "betterave
tonic" : betterave mixé avec du Schweppes. Franchement, si on aime la
betterave, c'est top, parce que la betterave a d'un coup un parfum de
terre qui vous assaille dès que vous mettez le nez au-dessus du verre.
La quinine exhale le côté tellurique et le renforce terriblement, vous
avez de la betterave à 200%. Ma voisine qui adorait la betterave était
aux anges, le chef mort de rire en voyant ma tête, et moi stoïque en
disant : "faut tout goûter dans la vie, mais on est pas forcé de tout
aimer !"
- Guacamole à la coriandre, granité Orangina : tout est dans le titre. A manger vite, avant que le granité ne fonde.
Plus plein de trucs et astuces et d'expériences sympatiques...
Prochaine session, le 25 juin : barbecues et pique-niques.
Si je ne suis pas en train d'accoucher, je devrais y être !
Jean
8 rue Saint Lazare
75009 Paris
01 48 78 62 73
De 12h à 14h et de 20h à 22h30, pour déjeuner et dîner, du lundi au vendredi.
Cours
de cuisine 1 samedi par mois, de 10 à 13h. Ont déjà été traités : le
foie gras, le chocolat, la St Jacques... Miam ! Compter 45 euros la
matinée de délices.
05 juin 2005
Filet mignon mariné à la rhubarbe et au gingembre, risotto aux gariguettes (Blog Appétit n°3)
Quand j'ai vu le thème de cette édition du désormais célèbre Blog Appétit, j'ai sauté de joie (et
dans mon ventre j'en connais un qui a fait pareil, vu comme il gigote quand je mange des fraises). Pensez donc : mes
deux fruits préférés associés !!! Gloire à Mijo !
Le souci, c'est que j'ai déjà publié quelques billets sur le sujet :
- la rhubarbe pochée à la vanille (d'après Alain Ducasse)
- la salade de fraises au basilic -les préférées de Christie de Ma vie sans moi.
En matière de rhubarbe, mon dealer et maître officiel en la matière
est ... ma belle-mère (oui, la maman de Bricol'Boy) ! En saison, il y
en a toujours un paquet en provenance de son jardin qui m'attend, et
elle connaît mon goût forcené pour la chose...
La dernière fois, elle
s'était déchaînée : un clafoutis à la rhubarbe de la mort qui tue
(c'est vraiment le vocable qui s'impose, si si), dont je ne desespère pas de lui extorquer la recette ; une simple tarte à la
rhubarbe (pâte sablée maison of course) accompagnée d'une sauce-coulis qui était
un dessert à lui tout seul. C'était une compote de rhubarbe très
fortement parfumée aux zestes d'orange, mélangée à une quantité égale
de crème fouettée : une sorte de mousseline rhubarbée très démoniaque.
Bref,
vous voyez que j'ai affaire à un maître en la matière, et que je
n'allais pas risquer de m'y frotter, tout compte fait ! Surtout que son
fils m'a séduit avec une tarte à la rhubarbe recouverte de fraises
-mais ça c'est une autre histoire, non homologuée blog-apétienne...
Avec tout ça, m'est simplement venu des envies de recettes salées... Pour des raisons sanitaires aussi ;-)) : je me suis dis que nous risquions peut-être le diabète par blog interposé, connaissant les superbes talents de pâtissier/patissière qui fleurissent dans la blogosphère !
Pour la rhubarbe, j'avais le souvenir que le porc s'accompagnait
souvent fort bien de fruits, dans une tradition assez anglaise : la
rhubarbe et l'Angleterre, tic-tac... et me voilà en train de me
souvenir d'une recette de Jamie Oliver, le filet mignon à la rhubarbe.
Je m'en suis inspirée pour l'impulsion de départ, disons pour le thème,
mais l'interprétation était fort personnelle.
Quant à la fraise ??? Je me suis souvenue d'avoir vue en Italie il y a
fort longtemps un risotto alle fragole,
qui m'avait intriguée. Après tout, on fait bien du risotto aux griottes
pour aller avec le canard, et je crois bien du risotto au cassis en
Suisse Italienne. En fait, la bonne
occasion pour tester.
Le plus drôle a été la tête de Bricol'Boy quant je lui ai énoncé ce que j'allais lui infliger le soir même... Il a beau avoir l'habitude des trucs bizarres, c'était quand même un joli pompon !
Commencons donc par le filet mignon : un simple lit de tronçons de
rhubarbe, recouvert d'un filet mignon mariné d'une pâte maison très
spéciale et épicée.
(J'aime bien montrer le côté avant/après cuisson, surtout avec de la bidoche, c'est rigolo...)
Hop, une petite cuisson au four, le temps de préparer le risotto aux fraises -très classique risotto auquel on ajoute à mi-cuisson des fraises coupées en petits dés :
L'avantage, c'est que l'enchaînement des plats est très simple... Pendant que le risotto finit de risotter (blop-blop-blop, le cri du risotto au fond de la cuisine), il n'y a qu'à sortir le filet mignon du four.
Et voilà le travail (OK, c'est le four qui a bossé) :
Et voilà, blog apétit final et verdict de l'Homme : "mais c'est bon dis donc !!! qu'est-ce que ça va bien ensemble !!! J'aurai jamais cru !!!"
Faut dire que pour avoir une chance de passer le cap, j'avais pour une fois soigné la présentation (ah, le cercle à dresser, c'est magique...)
Filet mignon mariné au gingembre, rhubarbe au jus et risotto aux gariguettes
Allez, j'arrête avec le making of, voici les recettes ! Et vivement Blog Apétit n°4... si Bébé me permet de participer...
Filet mignon à la rhubarbe, d'après Jamie Oliver
Dans
la recette originale, Jamie entoure le filet mignon de tranches de
jambon cru et de feuilles de sauge, en en faisant un rôti en
portefeuille. J'ai préféré opté pour une marinade épicée de mon cru,
piquant à Jamie sa technique de cuisson sur le lit de rhubarbe.
Pour 3 gourmands
- 400 g de rhubarbe rose en tronçons, pelée, effilée
- 1 filet mignon de porc
Pour la marinade : - 1 morceau de gingembre frais
- 1 grosse gousse d'ail frais
- 1 cuillère à café de moutarde (perso j'avais choisi de la moutarde Maille gingembre-orange)
- 1 cuillère à soupe de sauce soja
- 2 cuillères à café d'huile d'olive
Préparer la marinade : peler ail et gingembre, les râper ensemble. Y ajouter les ingrédients, jusqu'à l'obtention d'une pâte.
Entailler le filet mignon en plusieurs endroits, pour permettre à la marinade de mieux parfumer la viande. L'enduire de la pâté épicée, masser amoureusement le filet mignon (heureusement qu'il est mignon, NDLR...), laisser mariner pendant une petite heure.
Préchauffer le four à 220°.
Beurrer un plat à gratin, y répartir la rhubarbe. Saler, poivrer.
Déposer par-dessus la viande.
Prendre une feuille de papier sulfurisé, la mouiller et en faire un couvercle pour le plat.
Enfourner pour 15 mn.
Oter le couvercle en papier au bout de ce temps et terminer la cuisson pendant 15 autres minutes.
Le coup du papier sulfurisé m'avait laissée sceptique mais après l'avoir essayé, je ne peux que conclure à son efficacité : cela permet à la viande de rester moelleuse sans se dessécher, et aux saveurs de bien se mélanger. La cuisson finale sans couvercle permet d'avoir un filet mignon joliment doré mais pas sec du tout.
Risotto aux fraises
Pour 4 personnes (eh oui, on en a remangé !) - 200 g de riz ad hoc pour le risotto (vous saurez tout à ce sujet sur le blog de Ségolène)
- 125 g de gariguettes
- 1 oignon frais
- 3/4 de litre de bouillon de volaille
- 1 verre de vin blanc ou de Martini
- Crème fraîche (perso, fleurette), parmesan pour la liaison finale
- Quelques brins de ciboulette
- Fraises entières pour décorer
Peler et hacher l'oignon. Le faire dorer dans de l'huile d'olive, puis y ajouter le riz. Le faire nacrer, ajouter ensuite le vin blanc. Tourner jusqu'à évaporation.
Ajouter ensuite progressivement les louches de bouillon bouillant, en tournant sans cesse.
Appeler à l'aide parce que vous avez oublié d'équeuter et couper les fraises et que vous avez les mains prises par la surveillance du risotto, et que c'est maintenant qu'il faut les ajouter.
Du coin de l'oeil regarder votre assistant bien-aimé accomplir la tâche avec zèle.
Ajouter les fraises à mi-cuisson du risotto, puis continuer avec le bouillon de la même manière, jusqu'à obtenir le degré de cuisson souhaité de votre riz.
Hors du feu, crémer et parmesaner légèrement. Couvrir une minute avant de mélanger énergiquement pour obtenir la merveilleuse liaison collante et fondante du risotto (ce qui se nomme fort bellement "mantecare il risotto", mot qui n'est utilisé que pour le risotto !). Ajouter de la ciboulette hachée pour faire un élégant contraste vert-rose.
Servir en regrettant de ne pas avoir de petite fille à la maison : ce risotto couleur rose bonbon ferait se pâmer Barbie, voire Barbara Cartland.
Petite variante : vous pouvez également couper les fraises en début de recette et les faire mariner dans le vin blanc, en ajoutant l'ensemble au milieu de la cuisson du risotto. Elles rendent ainsi un peu plus de jus.
02 juin 2005
Angl'Opéra, plus tout à fait à angle droit
J'avais déjà bien aimé un déjeuner à Angl'Opéra, confirmé par un dîner en décembre (eh oui, je ne vous raconte pas tous mes dîners ici, je sélectionne...). Aussi as-je immédiatement pensé à cet endroit cosy et très représentatif de la nouvelle cuisine pour le faire découvrir à des amis américains de passage à Paris. Ils sont eux aussi très gourmands et j'ai pensé que l'expérience pouvait les amuser.
Le lieu est fort agréable, l'accueil charmant.
Malheureusement... l'expérience fut moins convaincante.
Entrée :
Milk-shake de légumes verts, tourteau, fruits de la passion, chantilly aux herbes.
(désolée pour la photo, je devais avoir faim !)
Le
velouté de légumes froids parfait et crémeux, avec le goût sucré du
petit pois. Ensemble très agréable à l'oeil, en bouche : les grains de
fruits de la passion apportaient du croquant mais ne m'ont pas tout à
fait convaincue. Le problème était au niveau du tourteau : il était mal
dépiauté, et je suis tombé à plusieurs reprises sur des morceaux de
carapace. Mon convive d'en face aussi. Ca gâche le plaisir -sans parler
des risques dentaires, merci mon cher dentiste ! Bref : bien mais un
peu approximatif.
Plat :
Canard sauce café, cacahuètes, haricots
blancs : alors là...
Autant
le canard était parfait (cuisson nickel,
moelleux, pas gras), sa sauce étonnament légère, la tuile aux
cacahuètes couronnant le tout aussi jolie que parfumée, autant la
garniture était un
fiasco. Ma petite camarade américaine a fait comme moi : après la
première cuillère, elle a laissé son bol de petits haricots blancs
- cacahuètes qui nageaient dans une sauce rougeâtre sans goût, assez
proche de l'eau de vaisselle. Bon sang, quelle déception de faire subir
ça
à de délicieux petits haricots blancs à la peau toute fine, alors que
Gilles Choukroun est le roi des épices, c'était justement ça qu'il
manquait cruellement à ce plat... Je dis ça parce que j'aime bien ce
qu'il fait, c'est toujours douloureux d'être déçue...
Néanmoins, à notre table, il y avait aussi de l'agneau aux câpres, aux olives et à la menthe, qui fit pousser de joyeux petits cris à notre dégustateur. Ca vise à tempérer ma déception -et à conserver mon honnêteté intellectuelle et culinaire !
Dessert
Croquette de chocolat, sucette de nutella, glace au gingembre.
Trois
grosses coucougnettes chocolatées, panées dans de la brioche dorée à
souhait. Ca croustille avant d'exploser dans la bouche : "le chocolat ça dégouline, ça passe par les trous de la tartine..."
La croquette de
chocolat est à la mode, on en croise aussi aux Ambassadeurs (certes, bien meilleures, mais on ne boxe pas dans la même catégorie !).
Sucette de nutella très conticinienne mais honnête.
Glace au gingembre parfaite, joliment acidulée, pas trop sucrée.
Alors que les fois précédentes, c'était justement le dessert qui m'avait déçu, ça a un peu rattrapé l'ensemble.
Egalement
à notre table, un minestrone de fruits exotiques, glace au concombre, macaron (et quelques pastilles Vichy écrasées, pour le fun)
: le sourire de mon voisin préféré était éloquent.
Heureusement qu'il
m'a laissé goûté, c'était frais et bien plié, et la glace sucrée au
concombre passait parfaitement. A donner envie de faire tourner la sorbetière.
Alors, un peu d'indulgence : peut-être y avait-il trop de monde ce soir là ? Peut-être la carte de saison (c'était il y a un mois) était-elle en rodage ? Peut-être ais-je mal
choisi ? C'était un peu baclé et approximatif, avec un léger manque d'épices et d'allant.
Quoi qu'il en soit, c'était un cran en-dessous de mes visites précédentes, et parfois, la déception est à la mesure de l'affection que l'on porte à quelque chose...
Angl'Opéra
39 avenue de l'Opéra
75002 Paris
01 42 61 86 25
Budget : 50 euros par tête (entrée, plat, dessert), avec 1 bouteille de vin pour 4


