09 février 2007
Une tarte au citron très jalousée (mais néanmoins académique)
Esterkitchen a déménagé ! Retrouvez ce message et la suite de mes aventures culinaires sur www.esterkitchen.com !
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J'ai la création difficile et l'angoisse de la page blanche. En prépa, j'attendais toujours l'ultime moment pour pondre mes dissertations (de dix-septs pages au bas mot, thèse, antithèse, synthèse...), de préférence dans le couloir, assise devant le chauffage. Ecrire devant un bureau, vous n'y pensez pas ! Encore aujourd'hui, magie du portable, j'écris n'importe où, de préférence en boule sur le canapé, assise dans le lit ou debout devant la cheminée.
En cuisine, c'est un peu pareil. Je sais faire des trucs compliqués, réussir des choses que l'on pense parfois ratables, comme ces soufflés de triste réputation non méritée, et rater des trucs enfantins. Ainsi, à ma grande honte, je maîtrise la pâte à chou depuis deux mois, grâce à un truc absolument inavouable : faut la travailler avec les doigts, à la Nigella.
Il en était pareil pour la tarte au citron, jusqu'à ce jour...
Ce moule à tarte, je l'adore, il fait toujours très chic alors qu'il est super simple, un vieil achat effectué chez Résonances (bien avant qu'ils ne se consacrent qu'aux simulateurs d'aube). A sa vue des réminiscences littéraires s'emparent de mon cerveau un peu embué (à moins que ce soit mes lunettes qui sont sales ?)...
On réalise dans ce moule une tarte aux pommes recouverte d'un fin grillage que l'on nomme donc jalousie, en référence à la fenêtre. Pour moi, cela se nomme donc un moule à jalousie (au lieu d'être un "moule à tarte rectangulaire"), et par extension, le moule à gâteau préféré de Robbe-Grillet. Oui oui, Alain, l'académicien : bon, pour une fois, ce n'est pas un grand cuisinier ou un pâtissier dont on parle ici, mais bien d'un écrivain réputé très chiant (et qui l'âge venant a fait des déclarations regrettables).
Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup son roman La Jalousiequi joue sur les deux sens du mot (le sentiment, la fenêtre, vous suivez ?).
C'est peut-être un des rares ouvrages du courant "nouveau roman" qui ne me soit pas tombé des mains, et en préparant cette tarte, j'ai compris que finalement, lorsque j'étudiais ce malheureux livre, je devais déjà y voir déjà quelque chose de culinaire... On est toujours rattrapé par son destin !
Pour en revenir à notre tarte, il vous faudra moins de temps pour la faire que pour lire ce roman (sauf si comme ma soeur vous haïssez les nouveaux romans et les jetez à la première page)... Et attention à la dégustation, elle est à réserver au citro-addicted, comme Cléa, Camille ou Estelle !
Elle répond à plusieurs critères (amis des contraintes, bonjour) : pas de beurre (y'en avait plus), des oeufs entiers (pas envie qu'il me reste un blanc d'oeuf au frigo, je ne mange de macarons que siglés Mercotte ou Hermé; j'assume !) ; surtout pas de meringue (le bruit du batteur réveille Virgile), donc un volume de crème assez important.Et enfin, une bonne caramélisation, avec un dessus genre "crème brûlée".
Ceci m'amène à penser que l'Académie Française devrait fortement penser à recruter dans ses prochains membres un cuisinier ou un pâtissier. J'imagine très bien notre ami P.H en habit vert, quelle serait la forme de son épée ? Un éclair géant ? Les boutons, en forme de macarons ? Au moins, les thés qui accompagnent les réunions de préparation du fameux dictionnaire serait savoureux. Si un candidat à la Présidence m'écoute, je pense que cette proposition (un pâtissier à l'Académie) est susceptible de faire parler d'elle.
Si vous n'avez pas envie de la faire, si vous en avez rien à cirer de Robbe Grillet et des académiciens, si vous n'avez pas envie de voir Pierre Hermé avec un bicorne, et si par chance vous habitez Marseille, la meilleure tarte au citron meringuée reste toujours (jusqu'à nouvel ordre, j'attends des infos si vous en avez) celle de la Pâtisserie Aixoise, rue Francis Davso, juste derrière l'Opéra.
Qui a dit que je faisais du parisianisme dans mes adresses (dans les jours qui viennent, vous allez être servis, j'anticipe juste ) ?
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Tarte jalousemment citronnée
Pour un moule à jalousie, il vous restera de la crème, si vous utilisez un moule à tarte de diamètre 26 cm, il sera rempli pile poil
1 pâte sablée toute prête ou comme ceci
4 petits oeufs
120 g de miel toutes fleurs
100 g de crème (fleurette mais ca doit être parfait avec de l'épaisse aussi)
3 citrons bio (jus et zeste)
1 clémentine bio (jus et zeste)
1 cuillère à soupe d'huile d'olive parfumée au citron (celle dont je parlais ici)
1 pincée de sel
Précuire la pâte 10 mn à 180°-200°C avec un lest (légumes secs, billes d'argiles...)
Préparer la crème pendant ce temps : zester puis presser citrons et clémentine. Mélanger les oeufs et la crème, puis ajouter les jus, le miel, l'huile d'olive et le sel. Mêler intimement sans faire trop mousser.
Verser délicatement dans la pâte et laisser cuire 20 à 30 mn, jusqu'à ce que le degré de caramélisation optimal soit atteint.
Laisser refroidir avant de déguster, peut-être en lisant ce chef d'oeuvre de cuisine et d'humour... à mettre entre toutes les mains des cuisiniers qui aiment la littérature, académiciens ou non.
22 novembre 2006
Confit de quetsches à la cardamome, la confiture de ceux qui n'aiment pas la confiture
En discutant avec Cathy, je me suis rendue compte que beaucoup pouvaient croire que je ne mettais que des recettes que j'appréciais à 100% dans mes livres.
Malheureusement, il n'en est rien, car je n'ai pas le goût universel. Parfois, je cuisine des plats pour vous plaire mais que malheureusement je ne sais pas apprécier.
Si je m'écoutais, j'infligerai des recettes de plats terriblement acidulés -genre rhubarbe à la mélasse de grenade relevée de citron vert et de sel, miam-, une tonne de recettes de pâtes aux légumes, jamais de fromage-qui-pue-plein-de-Penicillium roquefortii, jamais de pâté (ni de rillettes)... et jamais de confiture (trop sucrée à mon goût).
Donc, j'essaie dans mes livres de penser un peu à tout le monde, en me disant que ce n'est pas parce que perso, je ne suis pas super-fan que cela ne fera pas le bonheur d'autres personnes.Heureusement que Bricol'Boy a un palais fort différent du mien et même, très complémentaire (capable de manger du fromage ET de la confiture, voire les deux en même temps : ah, le soufflé poire-roquefort ! le gratin butternut-roquefort ! il en a du mérite).
C'est pour cela que dans l'ouvrage sur les brunchs s'est posé le problème de la confiture, et j'avoue, j'ai triché et proposé des sortes de fausses confitures, bien moins sucrées et qui donc se conservent beaucoup moins, mais sont délicieuses !
Après le confit de griottes au clou de girofle, je vous propose aujourd'hui une variation parfaite pour accompagner un cheese cake : un confit de prunes violettes à la cardamome.
Fondant, juste pris dans son jus, le goût de la cardamome fait péter la quetsche. Va comprendre pourquoi l'Alsace et l'Inde se mélangent si bien... la route des Epices devait en fait passer par là.
Son principe est réplicable ad lib, avec des poires et de la badiane (nous en ferons jeudi à la Cuisine fraîch'attitude), des pommes et du poivre long... Sur le principe 1 fruit + 1 épice, vous en avez pour tout l'hiver, d'autant plus que ce "confit' (pas gras du tout, eh eh eh) ne se conserve qu'une petiote semaine au frigo.
Ne vous inquiètez pas, Virgile s'est fait un délice de vider le plat !
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Confit de quetsches à la cardamome
Pour accompagner un cheese cake pour 8 personnes
500 g de quetsches (fraîches ou surgelées, mais en novembre, vous vous doutez...)
100 g de sucre complet ou roux voire rapadura, muscovada
4 cosses de cardamome verte
Jus d'1/2 citron
2 feuilles de gélatine
Ouvir les cosses de cardamome, en réserver les graines. Faire chauffer les quetsches dans une petite casserole à fond épais, lorsqu'elles commencent à rendre du jus, ajouter le sucre, la cardamome et le jus de citron. Laisser compoter à feu doux (compter environ une vingtaine de minutes).Pendant ce temps, laisser tremper la gélatin dans un bol d'eau froide.
Essorer les feuilles de gélatine en les pressant entre vos mains, les ajouter à la compotée encore tiède. Bien mélanger, laisser refroidir avant de mettre au réfrigérateur 1h au moins.
Vous pouvez évidemment remplacer la gélatine par de l'agar-agar mais même après cuisson, j'ai trouvé que l'effet "fausse confiture" était moins réussi visuellement avec de l'agar qu'avec la gélatine. Question de goût !
06 septembre 2006
Sorbet de faisselle au jus de poires, breveté par la Société des Flemmasses
Un grand sac de poires a échoué dans notre salon. Nous les avons épluchées avec Bricol'Boy en regardant Grease (pour la première fois pour tous les deux, à trente ans passé, c'est un exploit). Une fois les vers ôtés (ça, pour pas avoir été traitées, elles ne l'ont pas été !), elles sont passées à la cocotte-minute avec un soupçon de citron et une belle gousse de vanille. Dieu merci, on a pas retrouvés de vers qui surnageaient, malgré l'apport en protéines que cela peut représenter...
Elles sont sorties de ce traitement délicieusement roses et confites, me laissant un jus abondant, parfumé et sucré.
Quel dommage de le jeter, me disais-je... Surtout que c'est encore Virgile qui allait se régaler de compote avec tout ça !
Et pourquoi ne pas utiliser ce "sirop de fruits" pour réaliser une glace, tout bêtement ?
C'est vrai, je ne vous l'ai jamais dit : j'ai une sorbetière depuis un bail. Quelle confession ! Mais je m'y refuse obstinément à faire des crèmes glacées à base de crème anglaise, ça me... saoûle (la honte, et pourtant, je sais la faire, mais ça ne m'excite pas le fouet ni les papilles).
Je fais donc essentiellement des desserts assez light dedans : sorbet de kiwis au gingembre, glace au fromage blanc, mélanges laitiers divers qui font toujours de supers résultats. A l'occasion faites-moi penser à vous donner la recette de la glace préféré du Bricol'Boy : un délice au miel, romarin et gingembre (et fastoche en plus, mais j'arrête, c'est une recette de Dutournier).
En plus, de la faisselle périmait sous peu, il ne fallait pas tarder : brassons et mélangeons avec 1/4 du poids en sirop, au froid et hop ! turbinons. Environ... 45 secondes de boulot (c'est qu'il faut bien ouvrir les pots, pardi).
Note aux jeunes mères de famille : les pots de faisselle bien lavés sont des jouets d'éveil merveilleux. Ouvrir, fermer, faire sortir le panier, le remettre, secouer pour entendre son tintement, cacher une vache en plastique à l'intérieur... Des quart d'heure de bonheur pour lui et de tranquilité pour vous !
Mais c'était trop light pour être vrai, einh... Quelques perles craquantes sont venues par-ci par-là se poser, la faute à une rencontre de blogueuses chez G.Detou...
Verdict : une belle recette de flemmasse parce que la faisselle a beau faire des grumeaux quand vous la mélangez au sirop, ils ne résisteront pas à un bon turbinage. Donc pas la peine de s'embêter à touiller et écrabouiller.
Au goût, tout dépendra de la quantité de sucre que vous avez mis dans vos fruits au départ. Ici, le résultat était vraiment acidulé, la différence de goût entre un sorbet au fromage blanc et un sorbet de faisselle est finalement bien plus importante que ce que je pensais, et l'intérêt d'un sorbet à la faisselle aux herbes pour plat salé est bien plus nette qu'un sorbet de fromage blanc...
Quant aux poires, eh bien, bonne surprise : leur parfum était là, comme un souvenir... Ou l'odeur de votre parfum qui continue à imprégner votre pull après bien des lavages, et qui vous saute au nez quand vous ouvrez votre placard en revenant de vacances et que vous sortez vos affaires d'automne... Un agréable souvenir de parfum de poires, difficile à deviner mais qui pourtant apporte son équilibre à l'ensemble.
Bricol'Boy a trouvé le résultat pas assez sucré à son goût. Je me suis sacrifiée et j'ai dû tout manger.
Les températures remontant depuis hier, je pense que c'est parfait pour déguster ce soir, bon dessert alors...
SORBET DE FAISSELLE AU SIROP DE POIRES
400 g de faisselle
100g de sirop de cuisson de fruits (ici, des poires à la vanille)
Perles craquantes de Valrhona (en option)
Mélanger faisselle égouttée et sirop de cuisson froid.
Laisser refroidir au frigo.
Turbiner et ajouter au dernier brassage une poignée de perles craquantes.
Servir et aller mettre un pull, ça refroidit de manger une glace !
Si vous ne souhaitez pas le consommer de suite après turbinage, allez voir chez notre amie la délicieuse Gamelle pour ses trucs de pro pour conserver un sorbet sans qu'il cristallise.
Et pour d'autres recettes aux perles craquantes, filez chez Lorette vous régaler.
11 juillet 2006
Qu'il est beau le débit du lait (ribot), ou les erreurs font les bonnes recettes : upside down cake aux abricots confits
Martine mettait du café dans ses céréales lorsqu'elle ne dort pas assez, moi, je me trompe en faisant mes courses en ce moment ! J'achète à côté de la plaque, Virgile fait pousser ses dents et les nuits sont un peu hachées, conclusion : au lieu d'acheter du lait frais bio, j'ai acheté du lait battu.
Et un beau matin, en lui préparant le bib' de son goûter, j'ai fait "Buuuuuark mais il a tourné ce lait ????". Et de comprendre que lait battu ne veut pas dire "lait homogénéisé" comme je l'avais pensé, mais était synonyme de lait ribot, de babeurre, de buttermilk, bref, que c'était pas du tout ce à quoi je pensais et que maintenant que j'en avais, il allait bien falloir l'utiliser, ma bonne dame !
Je sais, j'aurais pu le boire comme ça, mais ça ne m'a rien dit (je suis née à Istres, je n'ai pas d'ancêtre breton). J'ai rigolé sous cape car je me suis souvenue avoir lu il y a longtemps un bouquin de gastronomie bretonne qui disait que les Bretons surnommaient le fromage "beurre pourri"...
Ce n'est qu'après avoir fait les 2 recettes que je vais vous livrer que Fabienne a publié sa panna cotta au lait ribot -oui, j'ai un train de retard dans la publication des billets, comme d'hab'. En parcourant plus obsessionnellement son blog, je pense que c'est elle qui assure une bonne partie des ventes de lait ribot en France, et vraiment, ces recettes sur cet ingrédient sont une référence ! D'autant plus que pour l'avoir rencontrée dimanche, cette charmante jeune femme, bien que provencale elle aussi, est capable de boire son lait ribot comme ça (je l'admire) !
Mes expériences, donc : pour commencer, évidemment, les slurpissimes et fameux buttermilk pancakes d'Estelle, déjà réinterprétés par Doriann (et certainement par d'autres !). Je ne manque jamais une occasion de faire une recette d'Estelle, car c'est un peu ma jumelle de blog, c'est en tombant sur le sien que j'ai fait le mien, et nos prénoms sont si proches, et j'aime tellement les petites histoires qu'elle raconte, bref, la recette est forcément meilleure quand on sait qu'elle est faite par une personne de goût, à tous les sens du terme, et de bonne compagnie qui plus est !
Bilan : les meilleurs pancakes que l'on ait jamais mangé. Et ça justifie le réachat de lait ribot rien que pour faire ça.
Ma seule variation : j'ai fait la pâte la veille au soir, elle a levé toute la nuit au frigo, et était vraiment terriblement légère.
Mais il m'en restait encore plein la bouteille, alors que faire ???? Voyons... quel gâteau réclame plein de lait... Un clafoutis bien sûr ! Et pourquoi pas ... aux abricots, y'en a au frigo ! Et mon achat est une erreur culinaire, quelle est l'erreur culinaire la plus délicieuse connue... la tarte Tatin !
Et pis... le buttermilk, c'est typically usefull dans la cuisine américaine, donc j'ai dégainé le fameux Gourmet Cookbook, pêché une recette de Upside Down Cake aux abricots, remastérisé et corrigé par mes soins. Voilà parfois comment naissent les gâteaux !
J'ai à nouveau fait une erreur : je l'ai amené à une soirée.
Erreur de débutante.
Le temps que je me tourne pour aller chercher l'appareil photo, y'en avait plus, et tout le monde en voulait la recette.
Zut pour la photo, tant mieux pour le gâteau !
Conclusion : je rachèterai du lait ribot, juste pour faire plein de bons desserts moelleux, légers, gonflés, et pour le plaisir de dire aux gens ce qu'il y a dedans ! Mais euh non pas tout de suite pour le boire comme ça sans rien...
GATEAU A L'ENVERS AUX ABRICOTS ET AU LAIT RIBOT
adapté d'une recette du Gourmet Cookbook
Pour convertit les cups en mesures françaises, utilisez cet outil
2 gros oeufs bio
1 stick de beurre -120 g environ
1 1/2 cup de farine
1/4 cup de poudre d'amandes
3/4 cup sucre
3/4 cup de lait ribot bien battu
1 1/2 cuillère à thé de levure chimique
1/2 cuillère à thé de bicarbonate de soude
1 pincée de sel
1 gousse de vanille
Cannelle
Pour le fond
1 stick de beurre -j'ai mis 120 g
3/4 cup de cassonade
12 abricots murs mais fermes
Matériel : un moule à charnière de 24 cm de diamètre
Laver, sécher et dénoyauter les abricots.
Faire chauffer directement le moule sur la flamme, y faire doucement fondre le beurre. Y ajouter le sucre, ne pas remuer et laisser cuire à feu très doux pendant 2 mn : le sucre ne va pas complètement fondre (c'est très rigolo, on dirait du sable mouillé), c'est une pâte grasse qui recouvre joliment le fond... Y disposer scientifiquement et géométriquement les abricots, côté creux posé bien sûr vers le fond.
Préchauffer votre four à 210°.
Pour la pâte : travailler le beurre mou, le sucre et la gousse de vanille grattée jusqu'à obtention d'une mousse blanche. Ajouter les oeufs un par un en continuant de battre. Mélanger tous les ingrédients secs restants (farine, levure, sel, cannelle, bicarbonate) dans un saladier ; ajouter ce mélange à la pâte en alternance avec le lait ribot, jusqu'à obtention d'une pâte bien lisse.
Verser la pâte sur les abricots, lisser la surface et glisser au four pour environ 40 mn.
Laisser tièdir avant de démouler : vous aurez un gâteau tout doré avec des abricots tout moelleux, nageant dans un sirop doré...
Pour la vanille : elle m'a été offerte par le site Vanille de Mayotte, essayée et approuvée pour la première fois dans ce gâteau.
20 septembre 2004
Melocoton (pâte de coings à la cocotte-minute)
Melocoton, ça m'évoque tout de suite le nom d'un groupe que j'aimais bien, pour des raisons archi-sentimentales (le groupe a disparu depuis...).
J'ai appris ensuite que c'était le nom de la pêche en espagnol, ce qui m'a beaucoup surpris parce qu'en italien (que je maîtrise bien mieux !) la mela cotogna c'est le coing, ce qui n'a strictement rien à voir (OK, les deux sont délicieux).
Quand j'étais petite, nous nous rendions souvent en Sicile pour passer l'été. Dans l'appartement qu'on nous prêtait, au fond d'un placard, attendait en rangs sages des petits pots de terre vernissée remplis de pâte de coings en train de sécher sous une épaisse couche de sucre. Interdiction d'y toucher avant que la mamma ait décrété que tout cela était assez sec ! C'était des semaines de tortures, mais le jour où on la démoulait, quelle fête...
C'est avec ce souvenir en tête que j'ai acheté chez Nabil (oui, c'est le nom de mon marchand de légumes) un joli kilo de coings, sans avoir la moindre idée de comment on préparait la pâte de coings.
Arrivée à la maison, une plongée sur Marmiton et dans divers livres de cuisine me calma assez vite : les plus optimistes parlaient de 3 h de cuisson !!! Ouh la la. Je travaille moi Monsieur, et s'il faut attendre le week-end pour les préparer et se régaler, ça ne va pas du tout. Ah non.
Heureusement, la Providence est apparue sous les traits du super blog "La Cuisine du Jardin"qui livrait une recette de pâte de coings à la cocotte-minute : une demi-heure de cuisson, le rêve !
Nous transformâmes alors la cuisine en confiserie jeudi soir, mixâmes et moulâmes... et nous partîmes en week-end : la solution idéale pour laisser sécher sans être trop tenté de les dévorer.
En rentrant ce soir de Bretagne, j'avoue que j'avais absolument oublié les pâtes de coings. Je me suis fait une surprise à moi-même en les retrouvant, alors le verdict :
- avec 1 kg de coings et une bonne règle de trois par rapport à la recette de La Cuisine du Jardin + quelques clous de girofle, nous avons pu remplir 2 pots de confiture, remplir un moule à tarte rectangulaire de pâte et une plaque à mini-financiers en silicone ;
- pour faire des petites pâtes de coings comme celles du commerce, l'utilisation de la plaque à mini-financiers était vraiment judicieuse : c'était parfait à décoller, très simple à nettoyer et il n'y avait plus qu'à rouler dans le sucre.
- le plus important : c'est simple, délicieux, facile à faire, et quand on ouvre la cocotte-minute, la couleur est magnifique !
Pour la recette, suivez le lien : http://olharfeliz.typepad.com/cuisine/2004/09/marmelalda_sard.html et encore merci pour cette super recette désormais adoptée !
12 septembre 2004
Home made guimauve, part 2
Essayons de tenir nos promesses...
Donc, la guimauve a séché et nous avons résisté (enfin, presque). Mes petits emporte-pièces sont passés par là et ont fait quelques étoiles, cochons (!!!) lune et coeurs du plus pur jus de kitchouille.
Certains furent préservés blancs :
Conservés dans une boîte, ils ont tenu sans problème jusqu'à hier et même étaient meilleurs au fil des jours.
Et pour le plaisir de l'expérimentation (et pour utiliser ma toute nouvelle fourchette à tremper le chocolat), j'ai fait fondre quelques pistoles de chocolat noir... avant de tremper délicatement des petits morceaux de guimauve dedans... Il faut aller vite (la guimauve craint somme toute la chaleur) et bien laisser sécher à l'air libre.
Le résultat ????
Il n'en reste pas une et la prochaine fois je double les doses...
Ajout du 15/09 : Chef Simon explique bien mieux toute cette technique sur une fiche illustrée passionnante et toujours aussi intéressante : http://chefsimon.com/merit2.htm
11 septembre 2004
Home made guimauve, part 1
Mes petites camarades de bureau m'ont taquiné la semaine dernière sur leur confiserie chérie : les oursons en chocolat.
Vous savez, ces petites choses en guimauve chimique, trempées dans du chocolat au lait, ce qui les rend immangeables passé 25 degrés...
"Alors, tu nous en fais quand ?"
"Ben... il faut que je réfléchisse à un truc... je n'ai pas la moindre idée de comment on fait la guimauve ?!!???"
Personne n'avait parmi toutes ces dames cultivées le chouilla d'une idée de début de ce qu'il pouvait y avoir dans un marshmallow, à part des tonnes de sucre.
Après moultes recherches, j'ai trouvé un excellent débat sur le cultissime forum de Supertoinette qui m'a beaucoup éclairé et j'ai effectué mes expériences dimanche dans ma cuisine (heureusement que Super Chéri était là parce qu'autant vous prévenir, CA COLLE !).
Si on a un thermomètre à sucre ou électronique, c'est très facile et drôle à faire. Le problème est qu'il faut patienter 24h pour la manger (dur, très dur).
Demain, j'explique la session trempage au chocolat et dégustation...
GUIMAUVE MAISON POUR FAIRE LA MALIGNE AU BUREAU
Pour 1 plaque - Cuisson : 10 mn - Préparation : 20 mn
- 1 blanc d'oeuf
- 100g de sucre en poudre
- 30g d'eau
- 10g de glucose en poudre (ou 1 cuillère à café de glucose liquide, en pharmacie)
- 1 cuillère à soupe de sirop
- 2 feuilles de gélatine
- Sucre glace et papier sulfurisé
Faites ramollir la gélatine dans de l'eau froide.
Dans une casserole, chauffer le sucre, le glucose et l'eau.
Lorsque le sucre commence à bouillir, montez en parallèle le blancs d'oeuf en neige à l'aide d'un batteur électrique.
Le sucre doit atteindre une température de 130°C, c'est à dire au petit cassé.
Versez le sirop sur le blanc en neige et continuez de fouetter. Ajouter le sirop ou le parfum.
Egouttez la gélatine, essorez la bien dans vos mains et incorporez la aux blancs (une par une).
Continuez à fouettez jusqu'à ce que la pâte de guimauve soit froide (5 à 10 minutes environ)
Tapissez généreusement un moule ou un plat creux de papier sulfurisé puis de sucre glace et versez la pâte de guimauve.
Laissez reposer 12heures à température ambiante.
Démoulez ensuite et laissez sécher l'autre face pendant au moins 12 heures.
Après avoir séché 24 heures, détaillez en lanières d'un centimètre de large à l'aide d'un couteau .



